Ressources pédagogiques de la filière semences
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Observer la flore en place

OBSERVER LES CARACTÉRISTIQUES D'UNE PARCELLE

Il faut arpenter la parcelle, observer le relief et le microrelief (mottes, taupinières, trous par piétinement des animaux, etc.), ainsi que la morphologie du couvert : gazonnement (idéal) ou cespiteux (en touffe).

PRÉLEVER LES ECHANTILLONS

L’échantillonnage doit se faire de façon aléatoire avec, au minimum, dix prises sur un hectare. Il peut aussi être nécessaire de différencier des zones au sein d’une même parcelle.

L’observation globale de la flore n’est pas suffisante. Pour faire un bon diagnostic, il faut connaitre la fréquence de présence des espèces en prélevant des échantillons.

Une méthode simple et efficace consiste à traverser la parcelle en diagonale, en zigzag, et de prélever une poignée ou une motte à 10 endroits (par exemple tous les 20 mètres). Cette fréquence permet d’inventorier environ 70% des espèces présentes dans la prairie.

Il est prudent d’éviter l’entrée de parcelle et la proximité des points d’eau. Il faut veiller à bien répartir les prises d’échantillons, voire de zoner des endroits différents liés à des historiques différents ou des sols hétérogènes.

La grille d’analyse de la fiche de diagnostic permet :

  • de rajouter des espèces proches à la région ;
  • de compléter l’analyse soit en augmentant le nombre d’échantillons, soit en effectuant des prélèvements dans des zones particulières : anciens bousas, zones humides.

L’analyse de la flore dans les zones surfertilisées donne une bonne indication sur les possibilités d’évolution.

RECONNAÎTRE LES GRAMINÉES

Les critères de reconnaissances des graminées doivent être mémorisés. Leur observation sur le terrain demande un entrainement et un peu de matériel : clé de détermination des graminées au stade herbacé du GNIS, une loupe et un cutter.

Télécharger la clé de détermination
des graminées prairiales

 

NB : La préfoliaison est la forme qu’a la dernière feuille qui vient de sortir de la graine. Elle peut être enroulée ou pliée.

 

Utilisation de la grille : fréquence ou abondance ?

Pour utiliser au mieux la clé de détermination, il convient d’intégrer son utilisation comme un jeu d’aiguillage progressif. Etape par étape, les questions successives vous permettront d’aboutir au nom de l’espèce. Pour bien débuter, veiller à ne pas aller trop vite et bien assimiler les descriptions et termes techniques.

On va donc utiliser la grille en notant simplement la présence, même infime d’une espèce dans chaque échantillon (poignée ou motte). Puis on additionne les présences dans les 10 échantillons. Pour estimer la fréquence de chaque espèce il suffit de faire le rapport : présence de l’espèce/ total des présences de toutes les espèces.
Néanmoins, on peut donner à chaque présence une note d’abondance (de 1 à 5) et de procéder de la même façon. Cette façon va permettre de mieux apprécier l’amélioration entre 2 dates, notamment en cas de simple amélioration ou de sursemis.

CLASSER LES ESPÈCES SELON LEURS QUALITÉS

Pour estimer la qualité de la végétation, il faut déterminer les proportions de chaque espèce présente et les classer selon leur qualité.

La qualité d’une espèce est une notion synthétique qui tient compte de la valeur nutritive, de l’appétence, de la productivité, de la régularité de la productivité, de son adaptation au mode d’exploitation et au type d’animaux.

Les meilleures espèces sont les graminées et les légumineuses qui ont été domestiquées par l’homme puis améliorées par la sélection : ray-grass anglais, dactyle, fétuque élevée, fétuque des près, fléole des prés, trèfle blanc, trèfle violet, luzerne.

De nombreuses autres espèces peuvent être classées comme bonnes, moyennes, médiocres selon les régions, le climat, le sol et le type d’élevage. On peut aussi noter la présence de plantes gênantes, ou même toxiques.

NOTER LES PLANTES INDICATRICES

Il est intéressant de noter les plantes dont l’importance est révélatrice de conditions de sol ou d’exploitation particulières : fougères aigle, joncs, orties, etc.

Il faut tenir compte de ces plantes même si elles ont échappé au hasard des prélèvements.

Faire une appréciation globale de la flore. Le nombre total d’espèces présentes est révélateur du mode de conduite de la parcelle :

  • petit nombre de bonnes espèces (7 à 8) = bonne prairie
  • espèces nombreuses (20 à 50) = prairie peu productive

Lorsque la prairie a connu des accidents, ou si la gestion du pâturage est inadaptée, la flore se diversifie.

Ce critère est très fiable et permet un diagnostic global mais précis de l’état de la prairie.

En pratique, en zone de plaine, on considère qu’une prairie qui comporte plus de 25 espèces doit être ressemée. En zone de montagne, l’interprétation est plus délicate du fait d’un nombre d’espèces plus élevé, y compris dans les prairies de bonne qualité.

Voir le classement des plantes indicatrices