La révolution néolithique


Il y a environ 10 000 ans, les hommes, chasseurs-cueilleurs, deviennent éleveurs-agriculteurs. Ils apprennent à domestiquer des plantes sauvages et à les adapter à leurs besoins. Leurs sources d'alimentation se libèrent peu à peu des caprices de la nature.



Des méthodes longtemps empiriques


La sélection, pratiquée depuis très longtemps, consiste d'abord à repérer les plantes faciles à cultiver, à récolter et à conserver. Puis il s'agit de favoriser la reproduction des individus les mieux adaptés, les plus résistants, les plus productifs et nutritifs.

L'amélioration des plantes se construit ainsi, de manière empirique, pendant des siècles.
La découverte de la sexualité des végétaux, vers 1700, puis de la génétique, à la fin du XIXe siècle, jettent ses bases scientifiques.


Une longue amélioration : le tournesol

Le tournesol fut domestiqué par les Indiens d'Amérique du Nord, vers 2 500 avant J.-C., pour ses propriétés alimentaires (graines et huile), médicinales et tinctoriales. Les grands navigateurs, au XVIe siècle, l'introduisent en Europe, mais davantage comme plante ornementale. Au XVIIIe siècle, les Russes l'utilisent pour ses qualités oléagineuses ... parce qu'il ne figure pas sur la liste des corps gras interdits par l'Eglise orthodoxe pour le carême. La teneur en huile, de 20 % à l'origine, atteint 40 % à la fin du XIXe siècle grâce au travail de sélection réalisé dans ce pays.
Dans les années 1960, la culture du tournesol se développe en Europe occidentale. Depuis, ses qualités ont été nettement améliorées : ses graines contiennent désormais 55 % d'huile, un taux plus faible en acides gras saturés et une plus forte teneur en vitamine E.
L'un des atouts de cette plante : elle peut se croiser avec 49 espèces proches génétiquement. Cette aptitude laisse donc augurer des améliorations importantes en termes d'adaptation agronomique et de diversification des utilisations.