Les conventions internationales


Un premier engagement international, sous l'égide de la FAO, est adopté par 118 pays en 1983. Il considère les ressources génétiques comme un "patrimoine commun de l'humanité".

Sélection sur la finesse du feuillage pour les graminées à gazon


Mais un virage important est pris en 1992, lors de la signature de la Convention sur la diversité biologique, au Sommet de la terre de Rio : désormais, chaque nation exerce un droit souverain sur ses propres ressources. Elle a également le devoir d'en faciliter l'accès et d'assurer le partage juste et équitable des avantages résultant de leur utilisation.


Un exemple de réseau :
Plantes fourragères et à gazon

En matière d'espèces végétales, le Bureau des Ressources Génétiques (BRG) anime un ensemble de réseaux qui fédèrent des acteurs privés et publics. Chaque réseau assure la gestion d'une espèce ou d'un groupe d'espèces (céréales à paille, maïs, crucifères légumières, tournesol, fraisier ...).
La Collection nationale "Plantes fourragères et à gazon" est ainsi gérée conjointement par des semenciers et des partenaires publics comprenant l'INRA (Institut national de la recherche agronomique) et le GEVES (Groupe d'étude et de contrôle des variétés et des semences). Ce réseau a en charge 31 espèces dont les dactyles, les fétuques, les luzernes, les ray-grass, des formes sauvages de ces plantes et des espèces apparentées.

La conservation des ressources génétiques est assurée au champ et au sein de trois banques de graines :
- une à long terme, où sont stockées des semences
à - 18° C durant 25 ans avant régénération ;
- une de secours, localisée dans un autre lieu ;
- une active servant à la diffusion, et dans laquelle les semenciers peuvent puiser.



Et en France ?


Conscients de la nécessité de coordonner les initiatives et l'action d'organismes publics en faveur de la conservation des ressources, les pouvoirs publics ont créé, dès 1983, le Bureau des ressources génétiques (BRG). En 1993, le BRG est réorganisé.
Constitué en groupement d'intérêt scientifique, il associe six ministères et sept organismes de recherche. Il a adopté, en collaboration avec des partenaires publics et privés, une charte nationale pour la gestion des ressources génétiques dont la responsabilité incombe à la France. Pour les végétaux, il s'agit de plantes indigènes ou de variétés créées sur le territoire national (1). Dans ce domaine, le BRG participe aux programmes européens de coopération.


(1) Leur gestion est organisée dans le respect d'un Plan Mondial d'Action adopté en 1996 par 150 pays.



Le rôle des semenciers


Avant de conserver, il faut connaître, et le rôle des semenciers est ici irremplaçable. Leur travail sur le terrain les amène à étudier chaque variété et ses caractéristiques génétiques.
Ils apportent cette compétence aux réseaux auxquels ils participent, tout particulièrement pour la caractérisation, l'évaluation et la régénération des ressources génétiques. Par ailleurs, pour leur activité de sélection, ils maintiennent et enrichissent des collections de travail sur lesquelles repose la création de nouvelles variétés.
Ainsi, les sélectionneurs sont à la fois collectionneurs, conservateurs et créateurs de ressources génétiques.


Sélection et conservation

Des sélectionneurs privés mènent des programmes internationaux d'amélioration du colza. Pour cela, ils travaillent sur une collection de plus de 8 000 génotypes de cette plante. Ceux qui ne sont pas directement utilisés sont conservés au froid.
Pour enrichir encore cette diversité, ils font appel aux ressources génétiques des collections publiques et à celles de partenaires étrangers, avec lesquels des contrats de réciprocité sont passés. Les variétés obtenues dans des pays éloignés, soumises à des situations locales bien différentes, ont en effet développé des caractéristiques parfois fort intéressantes : gènes de résistance à une nouvelle maladie ou permettant d'améliorer la qualité diététique de l'huile, par exemple. Cependant, le matériel à disposition ne donne pas toujours une réponse directe à tel ou tel problème. Ainsi, pour lutter contre le phoma, une maladie du colza destructrice, les sélectionneurs ont-ils élargi la recherche à ... la moutarde brune, une plante apparentée au colza.