Le trèfle violet s'ensile mieux que la luzerne et moins bien que les graminées. Cela tient à sa teneur en sucre (10 % de la matière sèche) supérieure à celle de la luzerne (7%), inférieure à celle d'un ray-grass d'Italie (17%) et à son pouvoir tampon qui est intermédiaire entre celui de la luzerne et des graminées. Les exigences de la culture, la recherche d'une teneur en MS des ensilages supérieure à 20% et l'emploi de techniques assez coûteuses (hachage fin, conservateur) représentent une contrainte globale spécifique du trèfle violet que l'exploitant doit évaluer en fonction de sa technicité et du niveau de production de ses animaux.

L'ensilage en direct : la quantité d'acide exigée pour arrêter les fermentations indésirables (butyriques notamment) est élevée. Il est conseillé d'incorporer 3,5 litres à 4 litres d'acide formique par tonne de fourrage vert pour abaisser le pH rapidement. L'incorporation de ferments lactiques en quantité suffisante (100 000 à 1 million de bactéries/g de fourrage vert) peut stimuler la fermentation lactique et jouer un rôle de conservateur mais les références ne sont pas suffisamment nombreuses pour juger définitivement ces produits. L'adjonction de sucres ou bien de mélange d'amidon plus enzymes est possible dans le cas du trèfle violet. Il ne faudrait pas dépasser 12 à 13 % de sucres hydrosolubles totaux dans la matière sèche.
Les conservateurs acides ou à base de ferments lactiques ne permettent pas de limiter les pertes par jus. Par contre, une autre technique consiste à ajouter 60 kg de pulpe déshydratée par tonne de fourrage vert. La pulpe va pomper les jus (riches en sucres solubles) et par conséquent limiter les pertes. Cette technique a également l'avantage d'améliorer l'appétence de l'ensilage. Il faut cependant surveiller le prix de la pulpe déshydratée.

L'ensilage ressuyé : à partir de 20 à 25 % de matière sèche. Cette technique a le double avantage de diminuer les quantités de conservateur à l'hectare et de limiter les pertes par jus. L'ensilage ressuyé est une technique bien adaptée au trèfle violet. La coupe fine est alors indispensable. Elle permet un meilleur tassement du silo, une libération plus rapide des sucres cellulaires, une reprise plus facile au silo, une impossibilité pour les animaux de trier les feuilles des tiges et finalement des quantités ingérées plus importantes.

L'ensilage préfané : 30 à 35 % de matière sèche. Cette technique permet d'éviter tout apport de produit conservateur (inutile quand le taux de matière sèche dépasse 30-35 %) et d'augmenter les quantités ingérées par les animaux. Mais la réussite d'un préfanage est souvent aléatoire sur une première coupe avec une grosse quantité de fourrage. Il vaut donc mieux réserver cette technique aux 2e et 3e coupes.
Les ensilages préfanés sont les plus intéressants en raison de leur meilleur niveau d'ingestion.