La valeur alimentaire des prairies dépend de sa fertilisation azotée (minérale ou organique).
Cette fertilisation agit directement sur la quantité d'herbe produite, sur sa composition chimique et donc sur sa valeur nutritive (digestibilité, UFL, PDI, minéraux) et son ingestibilité par les ruminants.
Les grandes tendances des effets de la fertilisation azotée sur la composition chimique et la valeur nutritive de l'herbe verte sont :

  • baisse de la teneur en MS, hausse de MAT,
  • peu de variation de la teneur en cellulose brute (CB) et de la proportion de parois,
  • modeste amélioration de la digestibilité de la matière organique de l'herbe produite.

En absence de fertilisation azotée, la teneur en MAT de l'herbe dépend d'abord et surtout de la fourniture d'azote par le sol, et plus localement, de la restitution d'azote par les déjections des animaux.

L'augmentation de la teneur en MAT de l'herbe sous l'effet de la fertilisation azotée s'accompagne d'une baisse de la part d'azote protéique au profit de l'azote non protéique qui s'accumule dans la plante sous forme de nitrate. La dégradabilité théorique de l'azote dans le rumen s'accroît avec la dose d'azote appliquée à la prairie. La composition en acides aminés est peu sensible. Les modifications de teneur en MAT de l'herbe liées à la fertilisation azotée sont généralement associées à une évolution inverse et dans les proportions voisines de la teneur en sucres solubles.

La teneur en minéraux est également influencée par la fertilisation azotée. En revanche la dMO est peu influencée. Si une baisse de la fertilisation ne retarde pas l'utilisation de l'herbe, la valeur énergétique est également très peu affectée. La valeur des PDIE varie peu. En revanche celle des PDIN est très sensible. Cette dernière peut devenir un facteur limitant et être préjudiciable aux microbes du rumen.

Deux effets spécifiques de la fertilisation azotée s'opposent dans la régulation de l'ingestion de l'herbe verte : avec des niveaux de fertilisation élevés, la faible teneur en MS de la plante, donc sa richesse en eau limite les quantités volontairement ingérées. A l'inverse, les faibles teneurs en MAT associées à de fortes diminutions de fertilisation peuvent induire des chutes d'ingestion, conséquence d'une digestion microbienne moins efficace ou d'un niveau d'apport PDI insuffisant.