Le Sitone : de la levée à 5-6 Feuilles
Le sitone, qui est le même que celui du pois, est très friand de la féverole. Les dégâts sont plus fréquents dans les secteurs avec présence d'autres légumineuses (luzerne, pois…) et en cas d'hivers secs et doux. Les semis les plus précoces sont attaqués les premiers. Il faut donc faire attention en février sur les semis d'automne.
Un traitement avec un pyréthrinoïde est vivement conseillé dès les premières attaques (plusieurs produits homologués). Le traitement de semences présente une efficacité satisfaisante vis-à-vis des sitones, et sur les premières attaques de pucerons (arrivée précoce sur cette culture).

Le puceron noir de la fève : avant et pendant la floraison 
Il peut causer de gros dégâts. Il est plus difficile à maîtriser que le puceron vert du pois. Traiter dès que les pucerons forment les premières colonies (ils ne sont alors plus isolés). Cela arrive généralement début juin. Il faut surveiller attentivement les parcelles car le développement du puceron noir peut être très rapide. Il est aussi possible de s'aider au niveau régional du réseau de piégeage Agraphid. S'il est nécessaire de traiter durant la floraison, il faut veiller à utiliser un produit qui respecte les pollinisateurs. Les produits actuellement homologués sur le puceron noir de la fève sur féverole sont moyennement efficaces.

La Bruche : pendant la formation des gousses 
En alimentation humaine, débouché important pour la féverole, le seuil de tolérance maximum est de 1 % de graines parasitées par la bruche. L'adulte pond sur les gousses. Après l'éclosion, la larve pénètre dans la gousse, puis dans la graine, où elle se développe pour donner un adulte qui ne sortira qu'au cours du stockage, pour gagner ensuite une zone d'hivernage.
Les adultes, pour sortir, font un trou bien rond dans les graines. Contrairement au charançon des céréales, la bruche ne se reproduit pas dans les grains stockés. Aucun nouveau grain ne sera attaqué après récolte.
Les traitements insecticides éventuels au silo ne feront que tuer les insectes présents. La lutte contre la bruche de la féverole doit être gérée par les traitements en végétation. Les régions à risques seront celles où il y a eu une attaque l'année précédente. Les parcelles situées près de silos sont les plus exposées. Dans ces régions, traiter à partir du stade jeune pousse (2 cm), quand la température maximale aura atteint 21 °C pendant deux jours consécutifs, facteurs favorables au pic de vol des bruches. La lutte vise les adultes. Les derniers travaux de l'ITCF ont montré que les bruches peuvent être tuées simplement par mise en contact sur des plantes traitées. On peut donc conseiller des traitements le matin ou le soir, hors périodes ensoleillées, afin de préserver au mieux les pollinisateurs de la culture. Pour le débouché meunerie, une deuxième intervention 10-15 jours plus tard est recommandée. Une lutte collective est souhaitable au sein d'un bassin de production car les bruches se déplacent beaucoup et sur de grandes distances.