Blé tendre


En blé tendre, 20 % de la production française concerne la fabrication du pain et des biscuits.


Les semenciers se sont depuis longtemps efforcés de répondre aux besoins de la panification. La meunerie française est demandeuse également de blés améliorants, très riches en protéines et utilisés pour améliorer les farines et dans ce contexte, le CTPS réfléchit à une évolution de son règlement pour favoriser l'inscription de telles variétés.

L'industrie de la biscuiterie a, elle aussi, ses propres critères d'évaluation des variétés : la teneur en protéines est notamment nettement plus faible que pour la panification et l'albumen doit être tendre (soft).

L'amidonnerie est un autre débouché du blé tendre mais il n'y a pas encore aujourd'hui de classe officielle au CTPS, faute de test.

Pour répondre à certaines attentes de l'industrie amidonnière, certains travaux concernent la création de variétés présentant une modification au niveau des molécules d'amidon. L'amidon est constitué d'amylose et d'amylopectine. Les variétés dites Waxy ont ainsi été obtenues jusqu'ici à partir de blés asiatiques. Elle produisent un amidon dépourvu d'amylose. Ces variétés pourraient être cultivées dans le cadre de productions sous contrat.


Le blé tendre est également utilisé pour l'alimentation des animaux. On parle alors de blé fourrager. Le CTPS a prévu de caractériser dans l'avenir les variétés bien adaptées à l'alimentation des animaux. Ces variétés doivent présenter de basses teneurs en pentosanes.
Ces composants cellulaires, présents dans le grain de blé, retiennent beaucoup d'eau (provoquant une viscosité excessive). Ils sont incompatibles avec l'alimentation des jeunes volailles en croissance.


Les pentosanes peuvent avoir, en revanche, un effet favorable sur la panification. En post-inscription, l'ITCF évalue systématiquement la viscosité des variétés.

50 % du blé tendre produit en France est exporté. La production nationale se destine essentiellement à la meunerie et environ 10 % concernent l'alimentation du bétail.



Blé dur


Le blé dur est destiné exclusivement à l'alimentation humaine. Il concerne l'industrie pastière ou l'industrie semoulière pour l'essentiel mais le récent débouché des blés à cuire se développe.


Les variétés françaises ont énormément progressé en terme d'indice de jaune. Traditionnellement, les fabricants présentent les pâtes alimentaires dans des sachets en plastique. Ils ont donc rapidement été demandeurs de pâtes bien colorées pour attirer le regard et la gourmandise des consommateurs. Autre lieu, autres moeurs ... les Italiens qui utilisent des boîtes en carton pour le conditionnement, ont privilégié un autre critère variétal : celui de la tenue à la cuisson. La résistance à la moucheture fait également partie des critères variétaux observés car les industriels refusent ces petits points noirs pouvant être observés sur les grains puis sur les pâtes.

De l'alimentation à la santé, il n'y a qu'un pas ... La recherche de variétés à fort indice de jaune a en effet permis de développer entre 1990 et 1995 des variétés riches en caroténoïdes. Ces nutriments, outre l'agréable couleur qu'ils confèrent aux pâtes alimentaires, sont aujourd'hui reconnus comme étant dotés de propriétés bénéfiques pour la santé humaine. Le bêta-carotène apparaît comme un agent préventif contre les cancers grâce à ses propriétés anti-oxydantes. D'autres caroténoïde seraient eux aussi impliqués dans la prévention du cancer (le lycopène, l'astaxanthine, la canthaxanthine, l'alpha-carotène ...).

Le développement de variétés riches en d'autres micro-nutriments bénéfiques pour la santé est un axe envisageable pour les années à venir.



Orges


Orge de printemps
En orge de printemps, la plus grande partie de la production se destine à la fabrication du malt. Les variétés françaises d'excellente qualité répondent bien aux besoins exprimés par la profession des brasseurs malteurs. L'essentiel de la production se fait sous contrat.


Orge d'hiver
Le CTPS classe les orges d'hiver dans l'une des deux catégories : orges brassicoles ou orges fourragères. Actuellement, près de la moitié des variétés inscrites sont à vocation brassicole grâce aux efforts des sélectionneurs. Il existe en effet de très bonnes variétés d'orge d'hiver (orges à deux rangs) de qualité comparable à celle des orges de printemps. Les sélectionneurs sont parvenus à répondre aux critères qualitatifs (calibrage, protéines, taux d'extrait*, activité enzymatique**, ...) demandés par la profession. Le CTPS évalue la qualité des variétés au moyen de micro-tests industriels permettant de fabriquer du malt. Une fois les variétés inscrites sur la base de ces tests, un test d'évaluation de la qualité brassicole est réalisé par la profession des brasseurs malteurs.

* : Taux d'extrait : il indique le pourcentage de matière sèche pouvant être extraite lorsque l'on fabrique un moult à l'eau chaude.

** : Activité enzymatique : elle évalue la capacité des enzymes de l'orge (alpha et beta amylase) à saccharifier l'amidon du malt
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Triticale


Le triticale est une espèce récente obtenue à partir d'un croisement entre le blé et le seigle. Rustique et peu coûteux à produire, le triticale est traditionnellement cultivé dans les régions d'élevage bovin où il est utilisé pour nourrir les animaux d'élevage.


Mais depuis environ 5 ans, cette culture se développe dans les zones de plaines car elle donne de bons rendements et est facile à cultiver.

La première variété de triticale a été inscrite en 1983. Depuis, la sélection a amélioré le rendement ainsi que d'autres caractères agronomiques. En matière de qualité des programmes spécifiques sont en cours :

- A la différence des volailles, les porcs consomment fréquemment du triticale. L'abaissement de la teneur en pentosanes permettrait à cette espèce de prendre une place dans l'alimentation des gallinacés. Ces glucides pariétaux sont en effet responsables d'une importante viscosité du bol alimentaire empêchant une bonne utilisation du triticale dans l'alimentation de ces animaux.

- L'augmentation de l'activité phytasique liée à l'enzyme phytase située dans la partie extérieure des grains est un axe de recherche prometteur. La phytase est une enzyme capable de valoriser le phosphate d'une plante (notamment contenu dans les couches à aleurone du grain). Naturellement, l'animal ne possède pas l'enzyme phytase ; il est donc incapable d'utiliser le phosphate contenu dans les végétaux pour son développement. Par contre, si on lui fournit l'enzyme, il devient capable d'utiliser le phosphate végétal. Ce dernier n'est plus rejeté dans l'environnement et la complémentation de l'alimentation n'est plus nécessaire. L'augmentation de la teneur en phytase du triticale a donc un double intérêt : nutritionnel et environnemental.

L'ITCF mène des travaux contribuant à mieux faire connaître cette espèce aux industriels de l'alimentation animale et étudie les critères de qualité alimentaire des variétés tels que l'indice de viscosité et la teneur en protéines.