Les nouvelles variétés font de la résistance
L'observation des rendements des cultures de maïs, année après année, montre une amélioration de la régularité. Les mauvaises années existent toujours mais elles sont plus rares et surtout moins graves que par le passé (exception faite de l'année 2003). Pour améliorer la régularité des rendements et de la sécurité de récolte, les tolérances recherchées chez le maïs sont très nombreuses. Parmi celles-ci, les résistances aux stress concernent : le stress de froid au stade huit feuilles, le stress de manque d'éclairement avant floraison, le stress de sécheresse, le stress dû à la pourriture des tiges, le stress lié à l'augmentation de la densité.
En ce qui concerne les résistances stricto sensu, on peut citer la résistance à la chute d'épis, la résistance aux verses : verse racinaire, casse de tiges en vert...

Des études de l'INRA-AGPM montrent qu'il y a 20-30 ans, le taux de verse était de 20 %. A l'heure actuelle, la note moyenne de verse est de 3-4 %. Désormais, gagner 1 % sur la verse, devient plus difficile. Les sélectionneurs y travaillent cependant. Certaines stations de sélection sont situées dans des conditions très exposées comme en baie du Mont-St-Michel. Pour la notation de verse, c'est l'idéal. Il n'y a pas grand chose qui résiste aux vents violents très fréquents. Les sélectionneurs arrivent cependant à récupérer du matériel génétique résistant à ces conditions extrêmes.

Pour les maladies, on recherche également 2 résistances : au charbon nu, et à l'helminthosporiose.
Pour la résistance aux insectes, il existe un programme important de résistance à la pyrale et à la sésamie. On recherche également des résistances aux différentes sortes de pucerons.

De nouvelles molécules herbicides apparaissent régulièrement et il existe parfois des sensibilités génétiques à certaines de ces molécules. Les chercheurs sélectionnent donc sur la tolérance aux herbicides.


Un important réseau d'essais est indispensable pour évaluer de façon sûre les variétés



L'outil le plus efficace pour augmenter la régularité et la sécurité du rendement, c'est la mise en place de puissants réseaux d'essais. L'objectif des sélectionneurs est simple : disposer de suffisamment d'informations pour qu'une nouvelle variété semée par l'agriculteur apporte un progrès par rapport aux variétés commercialisées. Cela nécessite un parcours de 7 années entre la création de la variété par le sélectionneur et son arrivée chez l'agriculteur et un tri variétal drastique avant la commercialisation de la variété. Plus d'un millier de nouveaux hybrides sont créés chaque année. Les essais se font d'abord sur un nombre de sites limité d'un réseau d'essais en micro-parcelles répartis en Europe. Seule une petite partie des hybrides testés est conservée en deuxième année d'expérimentation. Ceux-ci sont alors testés plusieurs années dans un réseau plus vaste comprenant un plus grand nombre de sites en Europe. Seules quelques variétés sont inscrites puis validées dans un réseau de post-inscription.

Il faut souligner trois points importants sur la façon dont est conduit ce testage. Le premier est son caractère pluriannuel. Il dure au moins 5 années, à la fois pour la production grain et fourrage. Pour cette dernière, les sélectionneurs effectuent très tôt des tests de valeur alimentaire. Le deuxième point important concerne la diversité des environnements testés : diversité de climat, de type de sol, de potentiel agronomique et de pratiques agricoles. Ceci permet aux entreprises de sélection de proposer les variétés uniquement dans les conditions d'environnement où elle donneront le meilleur d'elles-mêmes. Le troisième point, c'est que le testage des variétés se fait aussi en grandes parcelles pour s'approcher le plus possible des conditions de culture des agriculteurs. En effet, les résultats en petites parcelles ne sont pas toujours confirmés en grandes parcelles chez l'agriculteur.

Ce qui a changé ces 15 dernières années dans les méthodes de travail des sélectionneurs, c'est notamment la dimension des réseaux d'expérimentation. Par ailleurs, la précision des essais est devenue meilleure. Enfin, l'informatique permet aujourd'hui de traiter rapidement des quantités considérables d'informations, sur plusieurs années et en de très nombreux lieux. Les budgets qui y sont consacrés sont donc devenus très importants.
Au total, il existe sur l'ensemble du territoire 53 centres de sélection, 48 centres d'expérimentation, 400 points d'expérimentation et 900 000 parcelles d'essais.