Les enzymes "gloutons"


Les laboratoires de recherche des industries de détergent, soucieux de préserver l'environnement, ont cherché à mettre au point des lessives qui permettent de diminuer dans des proportions importantes la quantité de détergent nécessaire pour obtenir un nettoyage donné. Ils ont, dans un premier temps, obtenu ce résultat en ajoutant des phosphates à la lessive, mais le rejet de ces phosphates dans les eaux usées a entraîné une importante eutrophisation des milieux d'eaux douces.

Ils ont alors tenté d'obtenir à partir de biotechnologies, puis de multiplier dans des fermenteurs, des bactéries capables de produire de grandes quantités d'enzymes spécifiques permettant d'accélérer l'effet de nettoyage.



Enquêter sur les conséquences que représente pour l'environnement l'eutrophisation des milieux d'eau douce par suite de rejets de phosphates en excès.




Le succés de ces recherches a eu pour conséquence la fabrication de lessives moins nocives pour l'environnement avec :

- une température de lavage abaissée, ce qui a permis une baisse d'environ 5 % de la quantité d'énergie dépensée par les machines à laver dans les pays de l'Europe de l'Ouest ;

- une réduction importante du rejet de détergent et de phosphates dans l'environnement.

Le cas des tableaux de Monet

Lors d'un transport, huit tableaux monumentaux des nymphéas, peints par Claude Monet au début du 20e siécle, avaient été protégés par du papier et du carton et avaient été enduits par des colles animales et végétales. Ce dépôt, non souhaité, est devenu foncé avec le temps et les tableaux n'étaient plus présentables. Aprés avoir essayé des méthodes habituelles, chimiques et grattage, sans succès, les services de restauration du Musée du Louvre ont utilisé des techniques enzymatiques développées à l'Université de Technologie de Compiégne et ont réussi à restaurer les tableaux. Cet exemple a servi de point de départ à une véritable activité de recherche dans le domaine de la restauration des oeuvres d'art par voie enzymatique.


Le tableau de Monet "Les Nymphéas" nettoyé par les enzymes "gloutons".



La coloration des jeans


La production d'indigo nécessaire à la production des blue-jeans se faisait en 8 étapes, avec utilisation de substances chimiques très toxiques pour les ouvriers comme pour l'environnement.

Grâce à l'obtention d'une bactérie génétiquement modifiée possédant de nouvelles enzymes, la production se fait en seulement 3 étapes, dans l'eau, à partir de sucre et de sels minéraux. Elle ne donne que de l'indigo, du dioxyde de carbone et des molécules biodégradables et utilise beaucoup moins d'eau.