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Les faits
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La mucoviscidose, avec une fréquence à la naissance de 1/2500, est la maladie héréditaire la plus fréquente en Europe.
Les manifestations les plus graves correspondent à des problèmes respiratoires et digestifs.
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Les organes touchés
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Ces troubles ont pour origine la sécrétion d'un mucus trop épais, qui bouche progressivement les canaux présents dans les organes (bronches, canaux biliaires, canaux pancréatiques ...).
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Coupes de bronche,
grossissement 200,
coloration HES
En haut, mucoviscidose
(bronche obstruée par un
mucus épais) ;
à comparer avec une bronche normale (en bas).
(Service de pédiatrie,
pneumologie-allergologie
mucoviscidose de Lyon)
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Scanners thoraciques
En haut, mucoviscidose (bronches dilatées, plus ou moins obstruées
par les sécrétions
(anneaux et taches blanches) ;
à comparer avec un scanner normal (en bas) où ne sont visibles que quelques ombres vasculaires.
(Service de pédiatrie, pneumologie
allergologie-mucoviscidose de Lyon)
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Normalement l'intérieur des bronches est tapissé par un mucus fluide facilement expulsé au niveau de la gorge. En cas de mucoviscidose, le mucus épais est difficile à expulser, ce qui entraîne une obstruction des bronches et une insuffisance respiratoire. De fréquentes infections respiratoires détruisent progressivement le tissu pulmonaire.
L'obstruction des canaux biliaires et pancréatiques empêche le déversement dans l'intestin d'enzymes indispensables à la digestion.
Aujourd'hui la mucoviscidose reste une maladie que l'on ne sait pas guérir. Seuls des traitements précoces et adaptés permettent de ralentir son évolution.
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Des soins quotidiens
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Les soins visent à diminuer les troubles respiratoires responsables de la gravité de la maladie. Ils reposent sur la kinésithérapie et le traitement anti-infectieux par des antibiotiques.
Les sécrétions sont liquéfiées par des aérosols, et une kinésithérapie respiratoire quotidienne permet d'évacuer les sécrétions par la toux.
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Drainage des sécrétions bronchiques au cours d'une séance de kinésithérapie : augmentation du flux expiratoire au cours d'une expiration forcée.
(Service de pédiatrie, pneumologie-allergologie-mucoviscidose de Lyon).
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Les troubles de la digestion sont aussi diminués par la prise d'extraits pancréatiques hautement concentrés en lipase, enzyme indispensable à la digestion des lipides.
Grâce à ces soins réguliers, la médiane de survie est actuellement supérieure à 30 ans. On peut aussi pratiquer la greffe cur-poumons, mais il s'agit d'un traitement lourd.
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Quel est le rôle des animaux et des plantes dans la recherche et l'obtention de nouveaux médicaments pour soigner les jeunes atteints de mucoviscidose ?
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De nouveaux acteurs thérapeutiques
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- des brebis "usines à médicament"
Des brebis transgéniques peuvent produire dans leur lait une enzyme nécessaire pour soigner certaines maladies : la protéine AAT (Alpha 1 antitrypsine).
Le gène de la protéine AAT a été introduit dans les cellules des embryons.
Une brebis donne environ 300 litres de lait par an, avec de 1 à 30 grammes de molécule par litre. Ainsi une seule brebis peut fabriquer autant de protéine AAT qu'un fermenteur cellulaire.
Cependant seuls 1 à 2 % des embryons manipulés portent le géne désiré, et il faut deux ans pour constituer une lignée de brebis assurant les volumes nécessaires à des essais cliniques.
- des plantes "usines à médicament"
La lipase gastrique est également indispensable aux malades, elle est traditionnellement extraite du chien. Le gène de cette lipase a été transféré à des plants de tabac (plante de test), puis de colza et de maïs plus adaptés à la production de molécules à rôle pharmaceutique. Ainsi les chercheurs sont parvenus à obtenir cette molécule à partir de ces plantes transgéniques.
La lipase gastrique issue du tabac représente de 0,5 à 1 % de la matière sèche des feuilles, soit une récolte de 1 kg par hectare, ce qui permettrait de soigner, à bas prix, plusieurs dizaines de malades par an.
Les plantes transgéniques offrent un avantage important : il n'y a pas de maladie transmissible entre une plante et l'homme.
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Un espoir : la thérapie génique
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C'est la troisième possibilité d'intervention des biotechnologies dans le domaine de la santé. Il s'agit de réparer ou remplacer les gènes déficients. On n'a pas encore réalisé de réparation de gène in vivo (ce qui serait probablement la meilleure solution). Par contre les premiéres applications de remplacement de génes déficients apparaissent, et pas seulement dans la mucoviscidose, mais aussi dans le cas de déficits importants de l'immunité.
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| Expression de la mucoviscidose à différentes échelles |
| Au niveau moléculaire |
protéine CFTR normale |
protéine CFTR anormale |
| Au niveau cellulaire |
canaux chlore fonctionnels dans la menbrane des cellules |
canaux chlore non fonctionnels |
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mouvement normal d'ions chlorure |
pas de mouvements d'ions chlorure |
| Au niveau des organes |
mucus fluide |
mucus épais
obstruction des canaux |
| Au niveau de l'organisme |
état normal |
mucoviscidose |
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L'origine de la mucoviscidose a été identifiée au niveau moléculaire : elle est liée à une mutation ayant modifié la conformation d'une protéine membranaire.
Les découvertes et leurs applications se succédent :
- 1989 : identification du gène CF (cystic fibrosis) qui code la protéine CFTR (1480 acides aminés) - 1989 : identification d'une mutation qui entraîne un défaut dans la protéine CFTR
- 1993 : premiers essais de thérapie génique aux USA
- 1994 : premier essai en France - 1999 : plus de 800 mutations du gène CF sont connues
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Mutation la plus fréquente du gène CF
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La thérapie consiste à apporter l'allèle normal aux cellules des bronches. Pour cela, il faut un "moyen de transport" appelé vecteur, généralement un adénovirus (virus à ADN), dont la virulence a été désactivée.
Les premiers essais cliniques français (1994) ont montré que cette thérapie génique est réalisable et sans danger. L'essai portait sur six patients ayant une atteinte pulmonaire modérée, qui ont reçu une dose unique d'adénovirus porteurs de l'allèle CF normal. Le virus choisi, responsable de rhumes, est rendu inoffensif par élimination d'une partie de son génome.
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Principe de la thérapie génique
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Actuellement les résultats portant sur 26 essais cliniques restent encore modestes, en effet l'effet thérapeutique est limité et non durable. Le gène est intégré dans seulement 3 à 5 % des cellules, et on observe la protéine CFTR normale dans certaines cellules pendant environ 14 jours.
L'administration doit être régulièrement répétée car l'épithélium bronchique se renouvelle assez rapidement. Ainsi les cellules corrigées meurent et de nouvelles administrations sont nécessaires pour corriger les nouvelles cellules.
Ainsi, pour le moment la thérapie génique n'est pas le "remède miracle", mais, dans les années à venir, elle trouvera sûrement une place dans le traitement des patients.
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Expliquez en quoi consiste la thérapie génique ?
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