Les dégâts des nématodes


Les nématodes sont de petits vers dont certains s'attaquent aux racines, par exemple des betteraves sucrières. Ils peuvent également être vecteurs de virus.


Coupe d'une femelle de Meloidogyne incognita dans les cellules d'une racine (x40).
Des cellules géantes polynucléées sont visibles au niveau de la tête du nématode.


Les larves pénètrent jusqu'au niveau du cylindre central des racines en perçant avec leur stylet les parois des cellules végétales. Ainsi la larve déclenche le développement d'une cellule géante qui lui permet de se nourrir et de se développer. Ce sont des kystes à nématodes.



Pourquoi les nématodes sont-ils particulièrement néfastes
pour les plantes ?





Des plantes naturellement résistantes aux nématodes


Les betteraves sauvages ont une résistance naturelle aux nématodes ; elles ne forment pas une véritable cellule géante lors de l'invasion du nématode, et les larves, privées de nourriture, dépérissent ou deviennent toutes de sexe mâle.

Le gène HsIpro-I est responsable de cette résistance, selon un mécanisme encore incomplètement connu. Une réaction, produite entre la protéine HsIpro-I présente dans les membranes des cellules du végétal et une autre protéine produite par le nématode, déclencherait ces mécanismes de défense.



A la recherche de moyens de lutte


Les nématicides n'ont pas une efficacité totale et, de plus, leur utilisation vient d'être limitée par la Communauté européenne.

Des essais de croisements entre la betterave sauvage résistante et la betterave à sucre cultivée sensible ont permis d'obtenir des souches résistantes, mais avec une perte des performances agronomiques de la betterave sucrière.

Le transfert du gène a pu être réalisé, mais la transformation génétique est très difficile sur la betterave à sucre. Aussi, on envisage plutôt de transférer le gène chez le colza qui se transforme plus facilement. Avec une culture de plantes résistantes, 80 à 100 % des nématodes d'un terrain disparaissent. Ainsi des cultures de colza transgénique permettraient d'éliminer les nématodes du terrain avant une culture de betterave sucrière.

Le problème est celui de l'intérêt économique d'une telle démarche et du risque de flux de gènes du colza transgénique vers d'autres plantes de la même espèce dont certaines sont des "mauvaises herbes".



Pourquoi est-on obligé d'utiliser la transgénèse par voie indirecte pour protéger les betteraves sucrières des nématodes ?